Un interview de François STIFANI Grand Maître de la G.N.L.F.
…Quittons nous mes frères ,sous le sceau du secret…
C'est sous l'égide de la GLNF que Omar Bongo crée sa propre obédience maçonnique, la Grande Loge du Gabon. Comme il sait si bien le faire en politique, Bongo a maintenant une obédience maçonnique qui lui est dévouée et qu'il dirige d'une main de fer. Son modèle est plus la Franc-Maçonnerie Bonapartiste que celle que nous connaissons en France aujourd'hui.
Il existe de nos jours au Gabon la Grande Loge du Gabon, dans l'orbite de la GNLF, la Grande Loge Symbolique du Gabon, dans la mouvance de la Grande Loge de France et aussi un Grand Rite équatorial gabonais (GRE), fusion des loges du GODF et le la GLDF d'avant l'Indépendance.
Du coup, Omar Bongo était un peu le protecteur de tous les maçons gabonais, nombreux, car, vu le tropisme du chef de l’Etat, beaucoup de ministres, hauts fonctionnaires et intellectuels gabonais ont rejoint les loges. Sans compter que plusieurs chefs d’Etat africains ont suivi sa trace, dont le Congolais Sassou Nguesso, le Tchadien Idriss Deby ou encore le Centrafricain Bozizé.
Membre du Grand orient de France (Godf), Obo jouissait d’un respect auprès des chefs Français. Son influence au sein de sa loge était telle qu’il pouvait se permettre de fouler du pied certains de leurs «codes» et «usages». Nos confrères de L’Express de nous raconter cette anecdote : «A chaque fois qu’il se rendait au siège de la loge pour la messe, Bongo apportait avec lui une mallette bourrée d’argent qu’il déposait à l’entrée alors qu’il était interdit (?) dans leurs préceptes de donner de l’argent.»
Une franc-maçonnerie corrompue et détestée.
Dès lors, tout ce qui compte dans les élites de ces pays entre dans les loges affiliées à la GLNF qui devient une véritable maçonnerie d'affaires où politiques et entrepreneurs se croisent. La cooptation fait le jeu du clientèlisme et la GLNF, à l'époque en lutte ouverte contre le GODF, se compromet à favoriser une maçonnerie qui entretient la corruption, le despotisme et le pillage des ressources naturelles. Au sein de la compagnie Elf, des francs-maçons français de la GLNF sont quotidiennement les invités du palais présidentiel. Au Congo voisin, le même modèle se met en place.
Le système a un avantage : la stabilité remarquable des régimes en place, grâce à une sélection des gouvernants en dehors de l'espace public. La loge se retrouve ainsi au centre du triangle de décision : Palais présidentiel, Elf Gabon, Ambassade de France. Les jeunes africains réclament d'entrer en loge, comme on entre dans un club, pour accéder aux fonctions publiques. Ils seront choisis en dehors de toute règle de droit.
Mais le système a une tare congénitale : toute opposition est écartée de la cooptation. Les opposants ainsi qu'une jeunesse diplômée de ces pays deviennent très ouvertement anti-maçonnique. A la différence des fantasmes erronés qui sont véhiculés sur la franc-maçonnerie européenne, les critiques contre la franc-maçonnerie africaine sont pleinement justifiées. Ainsi, après le rejet de l'héritage colonial du GODF, c'est au tour de la franc-maçonnerie anglo-américaine, représentée par sa branche française, la GLNF, d'être rejetée par les élites modernistes d'Afrique, coupable d'avoir favorisée la corruption institutionnell e des régimes africains.
Intrônisé président de la république gabonaise le 16 octobre 2009 dernier, Ali Bongo va aussi prendre les commandes de la Grande Loge du Gabon (GLG), une loge franc-maçonnique africaine, fille de la GLNF (Grande Loge Nationale de France). Après le pouvoir politique, le pouvoir "spirituel". Il est évident qu'il est hors de question que le fils d'Omar Bongo laisse quelqu'un d'autre prendre le pouvoir occulte représenté par la GLG. On peut être sûr que François Stifani en personne ou une personne qu'il délèguera va se déplacer pour intrôniser le nouveau président du Gabon.
J.B.M. ( age 5 ans *** )